Pierre Harmel

 

 

Pour conduire ceux qui veulent la paix, les vertus les plus essentielles sont celles de la réconciliation et du pardon Tout au long de la vie, nous avons été témoins de ce que de tels gestes, accomplis dès qu’ils deviennent possibles, peuvent changer la nature des rapports entre les peuples et au sein de groupes humains divisés. Ils modifient aussi le cours d’un siècle.

 

 Quant le 8 mai 1950, le Français Robert Schuman et l’Allemand Konrad Adenauer réconcilièrent leurs peuples ennemis, ils ouvrirent la construction de l’Europe unie et pacifiée. Quand, en décembre 1970, Willy Brandt, Chancelier d’Allemagne, qui n’avait cependant pas la foi, s’agenouilla à Varsovie au pied du monument érigé à la mémoire des Juifs victimes du nazisme, il a accompli un pas énorme qui a transformé les relations des pays de l’Est avec l’Allemagne. Quand, en novembre 1977, l’Égyptien Anouar el Sadate, accomplit le premier pas des peuples arabes avec Israël en se rendant à Jérusalem et en prenant la parole à la Knesset, il a ouvert une ère nouvelle. Et quand, le 9 mai 1994, le Président d’Afrique du Sud, M. De Clercq, et Nelson Mandela ont mis fin pacifiquement à l’apartheid, ils ont accompli un geste exemplaire. Ce furent des formes de cette non-violence que Gandhi en Inde, puis Martin Luther King aux États-Unis, avaient mis en oeuvre dans leurs pays pour que cessent les ségrégations raciales.

 

Ainsi les exemples ne manquent pas de la fécondité des réconciliations et des pardons sollicités ou offerts, pour engendrer la paix. Demandons au Seigneur qu’il les suscite dans les coeurs d’un grand nombre.

 

 

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